Sur mon tapis

Un peu de poésie…

Ouvrir une rubrique, c’est ouvrir une fenêtre sur une « terra incognita » à inventer. C’est créer un lien avec le lecteur. Il s’agit de nourrir cette terre et ce lien afin qu’ils prospèrent et s’épanouissent. « Sur mon tapis » a pour ambition de vous proposer des séances, des enchaînements mais aussi des focus sur les prânâyâma ou sur une âsana en particulier.

Quelle que soit la pratique abordée, son support sera notre tapis qui aide à stabiliser les postures et accueille notre corps lorsqu’il se dépose au sol. Nous créons une relation empreinte d’intimité avec cet accessoire qui nous suit partout, ami fidèle. Ainsi, nous avons souhaité – en introduction de rubrique – lui rendre hommage à travers de modestes poèmes, petites odes lyriques.

SUR MON TAPIS

Déposer sur son tapis les soucis, les chimères

Par le souffle apaisé se lier à la terre

Enlacer le silence, invisible caresse

S’arrêter un instant, oublier la vitesse

Sur des mouvements fluides créer une danse

Sentir en son corps s’ancrer la confiance

Jusqu’au bout des doigts, par des gestes sacrés

Invoquer le divin et la joie sceller

Laisser la pensée voler haut dans les cieux

Battre des ailes, oiseau majestueux

Traverser les nuées jusqu’aux confins du monde

Planer sur l’océan aux vagues blondes

Admirer du grand Nord les aurores boréales

Frôler des jardins et leur robe d’opale

Puis revenir à l’ici, à ce moment de grâce

Par le temps aboli avoir conquis l’espace.

Hélène P.

ODE AU TAPIS DE YOGA

Tapis, lieu rassurant où mon corps se tapit,

Forme moderne des peaux de bêtes des anciens yogis,

Simple objet qui, sous l’effet de la pratique, devient espace sacré

Ou tapis volant pour m’emporter vers la liberté…

Silencieux, tu assistes à ma transformation,

Tu recueilles mon souffle, mes larmes et mes interrogations.

Tu observes mon corps prendre d’étranges formes

Et mon mental voguer sur des pensées protéiformes.

Parfois, tu es délaissé et remisé par paresse,                                       

Ou par besoin que la nature me caresse.

Je te préfère alors un tapis d’herbe, de sable, de mousse

D’eau ou de neige, selon où le vent me pousse…

Tu restes cependant toujours dans mon cœur,

Et tu retrouves ma chair sans aucune rancœur.

Protégé entre tes bras, je me laisse bercer comme par une mère,

Quand en savâsana je m’abandonne à la terre.

N’aie crainte de me voir ramper comme un cobra,

Me pencher vers toi en chien tête en bas,

Ou nager comme un terrible crocodile.

Je peux être aussi un animal beaucoup plus docile,

Sauter comme un dauphin, roucouler comme un pigeon,

Ou me plier comme une tortue qui entre dans sa maison.

Tu reçois mon bassin lorsque de s’asseoir il est temps.

Oreille attentive, tu écoutes mes prières et mes chants,

La finesse de mon souffle et les battements de mon cœur.

Quand de te quitter, malheureusement, il est l’heure,

Je m’en vais le corps et l’esprit calmes et sereins,

Tout à la joie de savoir que je serai de nouveau bientôt entre tes mains.

                                                                                           Sophie B.